« Salauds de pauvres », « c’est nous ! »

Bon, je l'avoue, je n'ai pas tenu. J'ai regardé les cinq dernières minutes du meeting de Zemmour.

Les "c'est nous" ponctuant les slogans pétainistes et le "grand redressement", c'était du grand cinéma à la Fritz Hippler.

Bon sang mais c'est bien sûr, en regardant la petite chose derrière son pupitre, décliner son grand redressement final, je me suis un temps demandé si ce thème viriliste, sous les sunlights, ne lui venait pas d'une petite enfance où il perdait tout le temps au jeu de "çui qui pisse le plus loin".
Juste retour des choses, ça lui donne un programme.

Le travail.

zemmour

Haaa le travail ! Parlons-en.
Les paresseux et les fainéants n'ont qu'à bien se tenir, l'assistanat, c'est fini. Travailleurs travailleuses françaises, pour la patrie, ne vous laissez pas remplacer.

Question : pourquoi ne leur dit-il pas que c'est déjà fait, dans tous les métiers qui touchent de près ou de loin au sang et à la merde, ou aux accidents du travail. Vont pas se redresser beaucoup les soutiens Z si il leur propose de remplacer les précaires et les travailleurs pauvres.
Ben ouais, c'est vrai, le polémiste ne se lève jamais à l'heure des éboueurs. Il écrit à ses heures là ou, comme Marat, prend un bain. Il ne sait pas qui torche sa merde, mais la donne à lire.

Entreprises, le redressement national fera retrouver la prospérité perdue, les marchés de l'étranger abandonnés !
Pétain, ça plaisante pas chez les "c'est nous". Tout se fait au coup de menton, même si le chétif n'en dispose pas vraiment. Les patrons, faudra aussi grand redresser pour retrouver la fierté perdue ! Bon, pour le moment, c'est je cajole à la 1933, mais on sait jamais, une bonne guerre civile, des uniformes et du matériel, ça vous requinque un marché intérieur.

Oui, j'ai bien entendu, l'historien a lu les sondages. Ne pas oublier "pouvoir d'achat" il avait écrit dans sa paume droite. Alors il s'est lancé dans la ligne droite finale avec un "votre pouvoir d'achat se redressera dans la lutte contre le grand remplacement".

Là, arrêtons-nous quelques instants. Pas trop longtemps, le voisin pourrait nous voir. Pas nous lire, mais écrire.
En effet, dans le programme, en principe, on désigne les Juifs comme responsables, on leur impute la finance et le vol des biens nationaux, on fait baver d'envie les "c'est nous" et on les envoie casser du cristal. Trop voyant, trop connoté, sans doute, et les SA maréchalistes ne marcheront pas. En plus, "mon ennemi la finance", ça porte la poisse.
Alors on ouvre une parenthèse et on change le bouc émissaire. On protège le juif français. La racaille, le profiteur, c'est le musulman.

Et le musulman, c'est bien connu, il est là pour tricher sur les allocations, se faire soigner gratis pour toutes les maladies qui existent, gruger les impôts de l'argent qu'il gagne avec la drogue et le halal, et en plus gâcher les prénoms du calendrier. Et tout ça, ça coûte bonbon ! Sans gélatine de porc, bien sûr.
Donc, ni vu ni connu, je te remplace le juif par le musulman et le bouc reste dans la démonstration. Avec ce voile, les "c'est nous" peuvent crier leur antisémitisme avec juste un nouveau nom sur l'emballage. De toutes façons, les juifs étrangers ne perdent rien pour attendre. Après tous les immigrés, s'il reste une place dans les avions... ou les trains. Le chétif hargneux n'a pas encore décidé comment il s'y prendra. Le train, c'est bien, c'est fidèle aux traditions, et on lui reproche assez comme ça d'être climato-sceptique.

Parlons un peu enfin de ce que je ne voulais pas voir. J'ai tartuffé sur les médias.

Si j'ai seulement regardé les dernières minutes, c'est parce que les avants premières n'avaient pas été tristes non plus.
On pourrait résumer comme "c'est qui les médias qui éclairent l'ex collègue ?", "c'est nous". Et cela, quel que soit l'animateur, carte de journaliste ou pas en poche.
Et que je te commente "l'entrée triomphale", "les salutations aux nouveaux venus ou aux anciens", les "préférences affichées", "la position du buste et la façon de marcher". Renseignements pris, ce mode d'entrée a un nom. Elle est "à la Adolph". Et il y a pas mal de films en noir et blanc pour l'étudier. Et c'est qui qui l'a copiée ? "c'est nous". C'était pour rester dans la tradition historique, et puis le Adolph lui, il a pas de copyright.

(A tout hasard, camarades de gauche, même en modernisé, ça reste le même concept, faites gaffe.)

J'avais donc préféré quitter ces rives puantes où une contre manifestation devient un "y a-t-il des incidents" et deux meetings entre néo-fascistes des "meetings entre les deux extrêmes aujourd'hui", dès fois qu'on pourrait en suggérer un troisième. C'est bien connu, ça se rejoint tout ça !

Collègues, ça vous chauffe au cul tant que ça, toutes les gesticulations financières de Bolloré, pour vous faire les chantres de son poulain ? Et pour rester dans le viriliste, puisque visiblement ça vous plaît plus que le féminisme, pourquoi vous faire castras ?
On dirait que c'est la peur du grand remplacement chez vous.

Ne parlons pas de ceux qui se sont déjà remplacé tous seuls, touts contents que les propos négationnistes soient revenus à la mode et qui, dans leur coin, payés toujours par Bolloré, donnent le dernier coup de pied à la victime à terre. "Salauds de pauvres !", avant quand même d'être charitables, et de les "protéger du typhus".

Bon, du coup, moi j'ai raté la famille et la patrie. Je me reprendrais bien un coup d'eau de Vichy, histoire de digérer.

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