Un deux, rue de la Paix… Je prends

Paix Ukraine

C'est à quel prix ?

Le grand monoply de la géopolitique mondiale est relancé. Les billets circulent, la monnaie de singe s'échange, les dés sont jetés.

Un ami s'en va, et tout est dépeuplé. On l'aimait tellement, notre fournisseur de coca. Il n'avait pas son pareil, lui aussi, pour ce jeu où tout s'achète, se vend, Gaza compris.

Pour un coin de parapluie on lui achetait armes et munitions, alors qu'on vendait les nôtres aux guerres en cours, ici et là. Les dictatures guerrières ne manquent pas dans ce monde, enturbannées ou pas, pour faire des bénéfices.

Mais voilà qu'un impérialisme fait défaut, alors qu'un autre menace tout le business de l'hôtel de la rue de la Paix, et que les deux ensembles lorgnent sur nos acquisitions.

C'est la panique chez les chouchous de Bruxelles. C'est la guerre quoi !

La guerre, elle dure depuis plus de dix ans. Et c'est en Ukraine. Elle a déchiré des Peuples, au Moyen Orient, depuis des décennies, elle a génocidé, violé et assassiné en Afrique, pour des minerais ou du pétrole et... personne ne semble s'en souvenir, a aussi génocidé en Europe, il y a moins de 30 ans, en ex Yougoslavie. Et ce ne sont que quelques exemples. Ha, parmi les oublis, rappelons qu'il ne se passe rien non plus en Palestine. Chacun son opération spéciale.

Alors, la paix, à côté , fut celle des affaires et du fric, du grand déménagement du monde, de la mondialisation heureuse, porteuse de coups de soleil, autre menace que l'immédiateté renvoie au loin.

Elle fait la gueule, la planète, et donne envie de clore la partie, en renversant le jeu, comme un mauvais joueur.

"Quoi qu'a dit la spéchialisse ?"

"Elle dit que face à l'instabilité du monde, il faut se préparer à la guerre. Chasser le migrant ne suffit plus."

Autrefois Peppone, personnage caricatural de films en noir et blanc, clone de Staline, était montré comme n'ayant que le mot Paix à la bouche, pour exorciser la guerre froide. Les populations d'alors avaient en tête cette paix d'avant guerre, qui vit la trahison de la révolution espagnole et le pacte passé entre Hitler et Staline, pendant que s'installait le nazisme. Pour les un.es Stalingrad avait fait ensuite un peu oublier, pour les autres, l'anticommunisme du moment se chargeait de le rappeler. Puis il y eut Budapest, puis Prague, puis le mur de Berlin... De l'histoire tout ça. Celle du continent européen. Et le "quelle connerie la guerre" de Prévert prit le pas sur les "défilés pour la Paix" contre le Satan américain. La caricature de socialisme déchira le masque, et les appétits des devenus Oligarques aujourd'hui bouffèrent la Russie de l'intérieur, en gardant toutefois ce qui la faisait tenir, la terreur et le crime d'un Etat maffieu. Le Capital avait gagné. Paix suivante !

Peut être une façon très personnelle de voir l'histoire, celle que j'ai vécue, mais ce roman bien à moi me fait tendre l'oreille, quand j'entends le mot PAIX.

Et surtout lorsqu'il est brandi à la face de victimes de guerre. J'en reviens à l'Ukraine.

Cela n'interroge donc plus quand un fasciste américain se saisit de ce mot comme un étendard ? Va-t-on voir fleurir des slogans "Leur paix et la nôtre" ?

Ce monde où deux impérialismes parmi les autres sont prêts à conclure une paix bâtie sur la guerre, conjointement, pour le retour de la paix des affaires, de la prédation par la force... tranquille, ne devrait-il pas nous mobiliser pour l'Humain et le Droit, la survie d'une planète en proie au capitalisme destructeur qui la met en pièces ? Et se mobiliser, ce n'est pas faire des prières pour la paix, en attendant un sauveur. Pas non plus acheter la rue qui porte son nom, pour y installer l'hôtel de la guerre.

Rappelons que le capitalisme règne en maître sur le monde, Chine comprise. Chacun de nos actes baigne dedans. Et le grand soir où tout cela disparaîtra tarde autant qu'un lever de soleil en Norvège. Bref, même le ou la plus convaincue d'entre nous doit composer avec ce système, ses institutions, ses rapports de forces, son fric, ses guerres, ses destructions et prédation du vivant... On ne sera ni les premiers ni les derniers à se salir les mains chaque jour. Et pour les "affaires de la cité", le et la politique, c'est pareil. Alors se mêler de ce qui nous regarde, ne pas le laisser "aux autres" et rester vierge dans son coin, dans ce grand livre guerre et paix, c'est essentiel.

Face à la guerre, face aux fascismes, seul le rapport de forces peut faire gagner, pas le retrait sur nos certitudes, en pacifiste satisfait d'avoir toujours dénoncé l'impérialisme américain et nuancé les autres.

Le campisme politique en la matière peut faire qu'on se réveille dans le lit d'un violeur, qui nous a drogué tout ce temps.

A suivre...