L’insubmersible

l'insubmersible

"Qui passe entre les gouttes" semble être devenue la définition du moment.

"49.3" deux fois énoncé à haute voix, comme on annoncerait un coup à la bataille navale, et pourtant, en face, on n'entend répondre ni coulé, ni même touché. Le Parti Socialiste ne votera pas la censure.

Bien sûr, quelques députés "socialistes" la voteront, par respect pour eux mêmes et de leurs convictions, pour celles et ceux qui les ont envoyé là, ou même par désir de conserver un poste et de préserver leur avenir politique. Je fais là le pari que leur vote ne suffira pas, d'autant que l'extrême droite semble prête à prolonger le bail précaire de l'Amiral centriste pour un temps encore, le temps pour eux d'engranger les dividendes.

Le Parti Socialiste nous annonce une "motion de censure", pour plus tard, différente, "sur l'immigration". Pour se faire pardonner. On pourrait leur faire remarquer qu'ils s'apprêtent à tirer par là contre eux mêmes, en visant la droitisation, mais ce serait mesquin.

La rance va donc "avoir un budget". Entre nous bien ratatiné sur beaucoup d'aspects par rapport au précédent de 2024, déjà bien indigent, mais ne faut-il pas répondre aux rançais qui demandent par sondage à être contentés ?

Ce budget 2025 servira de tremplin aux suivants dans de nombreux domaines, dont celui de l'écologie, dont il acte le début de la fin en matière d'investissements contre le changement climatique. Une tendance lourde en vogue à droite et à l'extrême droite, à l'heure où le capitalisme international reprend langue avec les impérialismes économiques et financiers.

L'homme du miyeu va donc pouvoir reprendre ses navettes jetjetteuses entre son Béarn natal et Matignon, et le monarque de l'Elysée continuer à recevoir les grands Musk de ce monde, et se rassurer sur l'avenir de la finance. Sauvés jusqu'à la prochaine catastrophe climatique, par un capitaine de pédalo. L'Amiral du Miyeu a bien manoeuvré.

Mine de rien, on l'a échappé belle. Imaginez un instant que le Bayrou ait été coulé :

On n'aurait pas de nouvelle loi ou circulaire sur l'immigration... Pas d'union des droites.

Alors que là au moins, on garde l'avant garde de l'extrême droite, la stabilité dans le changement, la certitude d'être en phase avec la submersion raciste et xénophobe des consciences, l'évolution garantie vers l'abîme de "l'Union des Droites", justement. Le parti faucialiste y aura apporté sa pierre, complétant celle du Macron. Une victoire qu'il n'espérait pas sans doute. S'en vantera-t-il ?

Les "Socialistes" ont sauvé la rance en quelque sorte ! Le futur et nouveau Pétain à venir ne sera pas rancunier contre eux, j'espère. Ils auront tenté de couler le front populaire.

Je ne veux pas terminer sur une note si pessimiste pourtant.

Cette trahison en rase campagne est celle d'un état major politique, associé à des baronnies politiques locales, restées en marge du macronisme national, comme en réserve. Le NFP n'a jamais été pour eux qu'une façon opportuniste de garder des postes et des prébendes politiques. A l'inverse, des militants, voir de jeunes élu.es, ont sincèrement cru au "renouveau du PS". La solidité de ce qui reste du NFP dépend donc largement tout autant de ces mêmes militant.es dans les autres composantes, y compris associatives et syndicales. Aux directions politiques des appareils restants de ne pas répercuter l'onde de choc de cette trahison, mais au contraire de donner les moyens aux NFP d'en sortir grandis par le haut et, j'ose le dire, un peu débarrassé de ses opportunismes toxiques.

Il va falloir désormais viser l'insubmersible, vaisseau amiral du Macron, et ne pas retenir les coups pour parvenir au "touché" "coulé". Et pas qu'au Parlement.

Une censure s'éloigne et se brise comme une lame. La situation politique en appellera une autre, plus haute, plus forte, si tant est que les regards ne soient pas rivés sur ce Parlement, mais sur la houle qui ne manquera pas de gonfler un peu partout, la réalité reprenant le dessus.

Au fait, comment s'appelait le pédalo de Hollande ?