
L'expression populaire disant "qu'on a guère le choix et qu'il ne faut compter que sur soi-même", voit bien des déclinaisons fleurir.
Passons sur le pseudo "non alignement" qui, du fait des repères un peu faussés se retrouve à être dans l'alignement Poutine, Trump, et Marine nationale. J'en ai soupé et déjà discuté, du campisme à la supposée vision gaullienne. Se non aligner en dehors des peuples du continent européen pour rejoindre le club privé de l'Inde, Brésil, Russie, Chine, de fait, ne serait qu'un changement de cordeau, qui d'ailleurs reposerait à nouveau sur un néo colonialisme envers le dit "Sud global".
Je sais bien que l'idée d'une Europe qui serait autre chose qu'un marché non couvert et se convertirait au bio durable avec une charte ad hoc en politique, est morte avec un certain référendum en 2005, faute d'avoir à l'époque, ciblé les vrais enjeux de la crise capitaliste d'alors. D'où l'idée qui monte qui monte, que commercer avec ses voisins immédiats mais rester chacun cheu nous serait la solution.
Un repli sur nos valeurs laïques, blanches et républicaines. Recycler sa merde en famille judéo chrétienne et enfin avoir 100% de réussite pour nos OQTF. Un printemps pour la France.
Mais je m'égare, et du coup j'ai encore perdu l'alignement.
Han deuille, han deuille, marquez le pas !
On ne veut pas de la guerre. Chose entendue. Chacun aura ses arguments, de la protection du toit familial et de sa banque à celle de la planète. Donc, "guerre à la guerre", "quelle connerie la guerre", à part les marchands de canons et les généraux en retraite, je ne vois guère qui est contre.
Quoi que...
Génocide à Gaza : légitime défense. Slogan repris en choeur de Paris à Washington.
Guerre au Soudan, en Lybie : quasi malentendu entre généraux mais marché pour les ventes d'armes
Guerre en Syrie, au Liban : malentendus confessionnels à effets terroristes, porteurs pour des livraisons à l'Egypte, la Jordanie, le Qatar...
Je pourrais multiplier les exemples, et rien que sur le continent africain que je n'ai même pas cité.
Et la guerre en Europe ?
On a déjà oublié celle des années 1990 en Ex Yougoslavie, dont les braises couvent toujours.
Parce qu'en Ukraine elle dure depuis plus de 10 ans, certains vont tenter là aussi d'en faire un malentendu, dont les protagonistes seraient à parts égales des méchants qui refuseraient de s'aligner sur la paix, faute d'envies diplomatiques sans doute.
Une sale guerre entretenue par l'impérialisme américain et ses vassaux européens, contre une Russie qui ne demandait qu'à être reconnue dans ses frontières extensibles, d'Alep à Kiev, en passant par Tombouctou.
Allons, soyons reconnaissants, et cessons donc ces sanctions injustifiées contre Poutine et les oligarques, ces livraisons d'armes à l'Ukraine, qui entretiennent la guerre, et la raison l'emportera.
Je suis non aligné là ?
Ben non, voilà Trump dans l'alignement du coup, et ici la Marine Nationale et François Fillon. Mes grosses rangers m'ont encore ramené au sein du peloton.
Laissons nous distraire un moment par le bruit des bottes et des amuseurs de plateaux TV en cravates de généraux en retraite. "Pour la Paix, préparons la guerre". A leurs côtés, diplôme d'école de commerce en poche, des économistes en économies pertes et profits nous disent aussi le "nécessaire passage à une économie de guerre" et à "la retraite à 67 ans". L'ambiance est aux sacrifices pour la Patrie et l'augmentation des budgets de la défense sous l'oeil attendri des officiers de plateau... contre la guerre.
A l'évidence, à gauche, au socle commun du centre de la droite, à la droite de la droite, à l'extrême droite et l'ultra droite, on manie la peur de "la guerre" devant le petit peuple. A la guerre comme à la guerre, tout le monde pioche dedans. On y est, le pied dedans. Si c'est le gauche, ça porte bonheur.
A celles et ceux qui disent que Poutine n'est pas encore aux portes de Paris, et qu'il le serait encore moins si l'Ukraine le retenait avec quelques renforts, on répond qu'il est déjà dans nos ordinateurs et nos téléphones. Avec X et google, j'en conviens, comme avec Bollore sur écrans plats, quand ce n'est pas même le "service public concurrentiel".
Mais, curieusement, ce ne sont pas des chars russes qui s'alignent là, mais des injonctions à se soumettre à des pouvoirs forts, "pour la paix des affaires". Ni lutte de classes, ni défense du faible et de l'agressé. Vive la paix impérialiste négociée. Vous remarquerez le désalignement parfait du vocabulaire.
Un petit mot sur l'invasion d'autruches, sans doute due au changement climatique. Pas vu, rien vu, même pas d'odeur de sable chaud ni légionnaire. Et avec ça, on ne parle même plus d'immigration. Cela se chante comme un air populaire. Je ne connais pas le chant de l'autruche, ni si elles votent.
Comme il est d'évidence, que dormir à la belle étoile, russe ou américaine, par temps de pluie (rappelles toi Barbara) n'est pas la meilleure manière pour éviter la guerre, laissez moi préférer la sécurité d'un toit, fut-il celui d'une tente de campagne. Et le terrain d'accueil, en la matière, c'est l'Europe. On n'est pas pour autant contraints d'aligner les abris.
A la guerre comme à la guerre.
A suivre...
